Et si les métiers du web étaient un véhicule ?

Si comme moi, vous travaillez dans un business internet en général ou web en particulier, vous avez très certainement un métier qui est difficile à expliquer. Que vous soyez un homme ou une femme, peu importe, il n’est pas aisé de faire comprendre son activité professionnelle à un béotien, et surtout l’implication que cela peut avoir dans toute la chaine économique.

travail business internet

Prenons un exemple. Au moment des fêtes de fin d’année, lors du réveillon, si vous bossez dans le web, vous avez très certainement eu droit une fois à ce genre de question de la part d’un oncle communiste de la fesse gauche ou du cousin de la fesse droite de votre femme :

« Dis-nous Paul*, toi qui connais bien les ordinateurs, les smartphones et l’informatique, tu pourrais pas nous dire c’est quoi ton métier ? Parce que ça doit être de la super coolitude de la mort qui tue de passer son temps sur Facebook et Youtube à rien glander et être payé plus cher qu’un agent de maitrise de l’industrie traditionnelle. » (Rire gras du tonton ou du cousin).

Et là, vous êtes déjà super content qu’on ne vous ait pas demandé de réparer le PC zombifié de tata ou d’expliquer comment rebooter un iPhone à votre neveu hipster ou bien expliquer comment fonctionne le minage de Bitcoin à votre papa qui galère avec ses placements boursiers foireux. Mais l’idée de devoir expliquer avec des mots simples votre job à un abruti aviné votre famille bien-aimée commence à vous donner des sueurs froides.

Heureusement, je suis votre sauveur, car je vais ici vous montrer quelques métiers du web sous la forme d’un véhicule pour mieux vous aider à comprendre. Vous pouvez y voir l’allégorie que vous voulez, il s’agit ici d’un simple exercice de vulgarisation pour mieux expliquer votre job à la prochaine question piège lors du mariage de votre cousine cet été ou des prochaines vacances en maison de famille.

*prénom d’emprunt, toute ressemblance avec une personne existante serait purement fortuite, enfin je crois.

Les techos (ou métiers techniques)

Dans une boîte IT/web/startup, il en faut pour tous les goûts, il n’y a pas que le business, il faut bien commencer par l’informatique, le cœur du truc. C’est là que les techniciens, qu’on appelle affectueusement les techos, sont en première ligne.

Le développeur ou la développeuse front end

Porsche 911
→ Une Porsche

C’est la Porsche dans la boite. Il ou elle a un gros moteur, n’est pas cher pour une voiture de course. Ça avance plus vite que les autres, même si le coût d’entretien est forcément supérieur à une Renault. Sa rapidité à coder du Javascript est proportionnelle à l’accélération d’une 911.

Ce qui donne cette équation : développeur(se) front end = aspirateur à gonzesses/mâles en rut ! Si si, j’vous jure.

Le développeur ou la développeuse back end

Moissonneuse batteuse
→ Une moissonneuse batteuse

C’est la moissonneuse batteuse de la branche IT de l’entreprise car son travail est quasi invisible pour le pékin moyen (aka le client) alors qu’il est certainement le ou la plus indispensable. Mais c’est bien lui ou elle qui fait que le peuple peut manger à sa faim et avoir son pain quotidien. Bon après, il ou elle fait aussi beaucoup de foin pour rien, ne l’oublions pas.

Le ou la dév full stack

Delorean DMC-12
→ Une Delorean

Alors là vous tenez le Saint Graal de la geekitude ultime, le ou la dev full stack c’est la voiture de Marty McFly dans Retour vers le futur.

Nom de zeus, on trouve des dev full stack aussi bien dans une agence Symfony que inhouse dans la startup qui bosse son pitch pour lever des fonds. Vous l’avez compris, le ou la dev full stack, c’est celui ou celle qui code tout et n’importe quoi plus vite que son ombre. React, Node JS, Laravel, Symfony, PHP, .Net, Ruby, JQuery, Cobol, Basic, Assembleur … absolument rien ne peut plus le faire rêver que ces noms.

Le ou la sysadmin

Ambulance
→ Une ambulance

L’administrateur système ou sysadmin ne sert quasiment à rien en temps normal. Son métier consiste à répondre à des tickets qui parlent de dépassements de quota disque, de crash de base de données, de routeurs en panne … bref, de trucs que même le dev full stack trouve inintéressant voire carrément chiant, c’est dire. Mais c’est une ambulance, parce que quand un serveur ou une partie de l’infra tombe, on est super heureux de pouvoir compter sur lui ou elle. Et surtout sans lui, vous ne seriez même pas là à me lire 😉

Le ou la chef(fe) de projet

camion de pompier
→ Un camion de pompier

Comme le ou la sysadmin, il ou elle ne sert pas à grand chose. Mais c’est un camion de pompier car il est toujours rutilant et propre sur lui, tiré à quatre épingles diront certains. Comme une sirène de camion de pompier, dès qu’il parle, tout le monde l’écoute. Mais au final, à part en cas d’urgence pour diriger les réunions de sprint, il ne sert pas à grand chose. Il n’est pas vraiment codeur/développeur, mais dirige quand même l’équipe de développement. Il sait faire de jolis diagrammes de Gantt et est un adepte de Scrum et des méthodes agiles, et ça dans une discussion avec beau-papa, ça en jette un max.

L’expert(e) en cybersécurité

char d'assaut
→ Un char d’assaut

Là ici, on ne dit rien, on écoute. L’expert(e) en cybersécurité est un(e) hacker white hat (un chapeau blanc, un mec/une fille sympa qui aime les licornes et les bisounours) qui connaît toutes les technos, les langages, les protocoles réseaux … etc ! Bref, c’est Monsieur ou Madame Informatique par excellence, mais qui connait aussi également (et principalement) les failles humaines. C’est un char d’assaut dont la maxime principale est « c’est entre la chaise et l’écran que se situe la faille de sécurité. »

L’intégrateur(trice), le ou la webdesigner, l’expert(e) UX

Lamborghini
→ Une Lamborghini

Bah là comme une Lamborghini, pour le ou la webdesigner et l’intégrateur, tout est dans les formes. Il faut du beau, du fonctionnel, du joli, que ça flatte l’œil. Parfois, il ou elle a tendance à oublier que le but principal du business n’est pas de faire une course de vitesse mais d’endurance. Et ça s’en ressent, ça donne un très beau véhicule mais du coup, la motorisation est parfois un chouïa capricieuse.

Les services marketing, business et data

La technique, c’est bien jolie, mais il faut bien un peu de bullshit de marketing et de business pour animer tout ça et surtout engranger des sous sous dans la popoche.

Le ou la bizdev (business developper)

Canoë
→ Un canoë

Le ou la bizdev est là, comme son nom l’indique, l’autre nom du commercial. C’est donc un canoë car il passe le plus clair de son temps à ramer. A noter qu’il peut de temps à autre remplacer ses rames et sa pagaie par un petit moteur qu’il accroche à sa petite embarcation. Et du coup, il ne s’appelle plus le business developper mais l’ingénieur commercial et ajoute au moins une dizaines de nouveaux acronymes de Novlangue marketing/technique/startup/bullshit à son jargon.

Le ou la web analyst

Intérieur d'un autobus
→ Un autobus

Le ou la web analyst est un autobus car à l’image de ses outils fétiches, Google Analytics et Excel en tête, il ou elle trimballe toujours beaucoup de monde : SaaS, Data, KPI, Tag Management ne sont que quelques uns des vilains garnements obèses qu’il ou elle promène à longueur de journée.

Le ou la responsable ecommerce

Citroën DS
→ Une Citroën DS

Le ou la responsable ecommerce, c’est un peu le ou la manager/responsable des chefs de rayon. C’est une Citroën DS, la voiture du PDG des années 70, le Louis de Funès en charge du Conversion Rate Optimization. On aime le côté gentiment ringard de la « voiture à papa » mais surtout son efficacité, même si les équipes de techos n’aiment guère recevoir ses recos ou ses specs mal formulées qu’il est le seul à comprendre.

Le rédacteur ou la rédactrice web

Camion ancien
→ Un camion de livraison

Le rédacteur ou la rédactrice attend de recevoir ses briefs écrits en Javanais ou en Tonkinois du Sud par le responsable ecommerce ou le chef de projet voire par le SEO, comme le facteur attend son courrier à distribuer. Une fois fait, il doit procéder à des livraisons puis à d’incessants allers/retours. Bref, c’est un camion de livraison qui fait de la petite messagerie. Un camion indispensable, jamais en panne du gasoil de l’inspiration.

Le référenceur ou la référenceuse SEO

Airbus A380
→ Un Airbus A380

Alléluia, ici presque rien à dire. Avec le référenceur ou SEO (Search Engine Optimization, ou Optimisation pour les Moteurs de Recherche en bon François), c’est la première classe assurée : plus haut, plus loin, plus fort & plus gros (NDLR : environ +2kgs/an).

Technique, marketing, sémantique, UX, netlinking … rien ne lui échappe. C’est l’A380, c’est à dire qu’il a un melon aussi gros que son fuselage et quand il se pose, ça brasse beaucoup d’air, mais au moins, ses soutes sont pleines d’or 🙂

Le ou la traffic manager

Vélo électrique
→ Un vélo électrique

Le ou la traffic manager, c’est un vélo électrique. Il est pratique pour aller chercher son pain quotidien sans trop se fatiguer. Au programme de la journée : montées de SEA (Search Engine Advertising ou publicité dans les moteurs de recherche), virages d’affiliation, col du retargeting, descente du display … etc ! Avec le traffic manager, c’est un peu le Tour de France mais avec un dopage mécanique officialisé.

Le social media manager, le community manager

Voiture de police miniature
→ Une voiture miniature

Le ou la Social Media Manager (SMM) ou le ou la Community Manager (CM), c’est un peu une voiture miniature. On adore la regarder et s’en souvenir avec beaucoup de nostalgie et de plaisir un peu coupable. Car oui c’est un métier très tendance en 2010 encore en 2018, on aime bien les avoir dans une boite, car le ou la CM a toujours des histoires marrantes à raconter et sait parfaitement faire le café. Comme une Majorette ou une Dinky Toys, on adore ça, on cherche encore parfois la plus value pour le business, mais est encore indispensable à tout business web qui se respecte.

Le ou la growth hacker

Motoculteur
→ Un motoculteur

Le ou la growth hacker (ou pirate de la croissance en Français) est là notamment pour utiliser tous les stratagèmes en matière d’automatisation, plus ou moins foireux, pour faire grossir la base de données de prospects (et même parfois de clients). C’est utile en début de vie d’une startup pour accélérer la pousse. C’est un motoculteur, il est utile pour un gros potager, mais pas nécessaire pour une culture agro-industrielle où l’on préférera un bon gros tracteur.

En conclusion

Vous voilà dorénavant paré pour expliquer facilement votre métier du web sous forme de véhicule à quiconque vous interroge sur le sujet. Non non, ne me remerciez pas 🙂

Et si vous êtes intéressé par les métiers du web, vous pouvez également aller sur un site plus sérieux comme le blog du modérateur, de l’ami Flavien, qui vous en dira nettement plus 😉

Et puis, comme vous êtes arrivé avec beaucoup de courage à lire jusqu’ici, je ne peux m’empêcher de faire un peu de pub pour d’autres articles vaguement sur le même sujet :

Bisous <3

PS : Parce qu’il faut bien l’avouer

JE SUIS A380
… même si je suis aussi un peu tous les autres !
Et si les métiers du web étaient un véhicule ?
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